Une visite nordique


Voici deux extraits provenant de mon journal de bord écrit lors de mon voyage de Montréal vers Inuvik et Aklavik en mars 2018 dans le cadre de mon doctorat.

Jour 2 – Voyage Edmonton-Inuvik, 5 mars 2018

Carte du Canada avec le trajet de Montréal à Inuvik

Quand j’ai dit à mes proches, mes collègues ou aux gens que je croisais dans les aéroports le temps d’échanger quelques lignes amicales, que j’allais dans le nord des Territoires du Nord-Ouest, toutes les réactions étaient à peu près unanimes : ”Oh mais il va faire froid”, ”J’espère que tu as apporté du linge chaud”, ” T’en as pas assez de l’hiver?!” et pourtant, lorsque je suis arrivée après 2 jours de voyage et 4 vols à Inuvik, il faisait un tout petit -14°C, alors que nous avions passé au travers d’un -30°C la veille à Edmonton. Bien que ce fût en effet une journée accueillante, lorsque les bourrasques ont frappé mon visage sans jamais avoir frappé auparavant ni arbres ni collines et que le vent pinçait mes joues, j’ai rapidement compris que -14°C n’était qu’un chiffre et que le Nord fait les choses différemment. Heureusement, le soleil bas dans l’horizon, qui me rappelait que je m’étais rapprochée de l’un des pôles du globe terrestre, réchauffait mon visage tout en m’éblouissant des milles miroirs du couvert glaciel.

Ici, le rythme de vie est différent, rien ne sert de prendre rendez-vous ou faire des réservations à l’avance, un coup de téléphone la journée même ou se présenter au bureau directement est beaucoup plus efficace. En 2 heures à me promener dans la ville et visiter les bureaux de Parcs Canada ou des institutions de recherche directement, j’ai eu plus de réponses à mes questions qu’en envoyant des emails pendant des mois qui finissent par se perdre dans les abîmes de leur boîte de courriels.

Panneau signalant le début de la route de glace entre Inuvik et Aklavik, photo prise tôt en matinée

Jour 4 – Aklavik, 7 mars 2018

Alors que le ciel rougissait doucement au loin, j’en ai profité pour aller voir les montagnes Richardson de plus près par la route de glace. Alors que mes yeux étaient occupés par la vue immense, l’odeur de l’essence provenant des ski-doos qui roulent plein gaz mélangée à l’odeur du feu des cheminées venaient chatouiller mon nez et je pouvais à la fois entendre les gros chiens enchaînés japper à pleine gueule, mais je pense que tout ceci faisait simplement partie du paysage et de l’expérience qu’on pourrait qualifier en trois dimensions.

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